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15/06/2011

18-Epilogue à épisodes

"Dans la vie, quand on pense le dernier acte arrivé, on s'aperçoit souvent que la pièce ne se comprend pas sans son épilogue.", Richard Joly
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Quinze jours se passèrent.

Maria et Luc passaient de véritables vacances près de Venise. Le temps était superbe avec un léger vent pour refroidir l'atmosphère.

La vieille maison avait des chambres complètement rénovées récemment. Luc avait difficilement reconnu la chambre de sa jeunesse, tellement elle avait été changée, agrandie. Il y avait, depuis le départ de Luc, une annexe qui servait de petit restaurant pour servir les déjeuners avec vue sur le jardin.

 Luc se demandait comment il avait pu quitter tout cela.

 En cette arrière saison, il n'y avait que quelques couples de touristes dans trois autres chambres. Une maison d'hôtes, cela veut dire des repas servis à heures fixes et ensembles. Au petit restaurant du matin, le père de Luc avait organisé de petits soupers pour fêter le retour de l'enfant prodige. 

On riait souvent, à table. La région de Trévise est connue pour son vin et sa gastronomie. Les histoires et les anecdotes se succédaient. Pas question de raconter l'histoire vraie dans son entièreté. Tant de choses à se raconter sans pouvoir effleurer les parties trop noires du passé. Pas d'acte de contrition. Une véritable lune de miel, après le déluge de fiel qu'il avait déversé sur la Toile.

Luc était au paradis.  Maria et lui s'étaient mis d'accord sur un scénario probable, banal, très banal d'une rencontre fortuite. Selon celle-ci, il n'avait pas été viré. Il avait démissionné, récemment. Il voulait changer de vie. Revenir à ses premières amours. Retrouver le village et les copains. L’Italie lui manquait. Pour Maria, l'histoire du petit magasin dont elle avait rêvé, revenait avec de multiples histoires apportées par la seule imagination d'un rêve.     

Depuis son arrivée, il avait continué à consulter ce qui se passait sur Internet, mais il n'intervenait plus activement. Il avait délégué ses "affaires". Maria avait envoyé deux derniers rapports d'activités de Luc qui déviaient, très sensiblement, de la vérité pour donner du champ à leur fuite.

Tout allait décidément bien vite pour Luc qui nageait dans ce nouveau bonheur. Les sentiments par rapport à ce qu'il lisait, allaient de l'effroi à la jubilation en transitant par l'étonnement.

Il était devenu le spectateur du prolongement de sa propre histoire. Un roman feuilleton dont il connaissait les prémices mais pas le dénouement. Les épisodes défilaient comme une sorte de  thriller de l'été Indien dans cette arrière saison et prenaient forme au fur et à mesure, via ses mails. La presse française racontait les acquis de la police sans en connaîitre les artifices internes pour y arriver. Les mails donnaient leur préparation.

Manifestement, l'affaire avait monopolisé du monde à Interpol.

Le fil de l'histoire avait continué par la mission dont aurait dû être chargé Luc par ses ex-commanditaires. 

Il s’agissait d'aller déposer un sac qu'il trouverait à la consigne, au milieu de manifestants qui devaient avoir un meeting à Paris et dans d'autres villes. 

Luc se doutait bien du genre de colis qu'il pouvait s'agir. On poussait apparemment les choses dans le terrorisme. Le but était de désorganiser, de faire peur les foules. Actionné à distance par un émetteur, très probablement, une bombe devait faire sauter le colis.

La récupération du sac avait été normalement interceptée par la police. Le détonateur dégoupillé par le service de déminage et un sosie de Luc comme transporteur de la bombe désamorcée.

Un article d'un journal parisien relayait ce qui s'était passé à Paris avec un grand titre.

"Une tentative d'attentat a échoué à Paris".

L'article allait dans le détail mais ne racontait que ce que la police débitait comme informations, ni de la procédure d'évitement si ce n'est un contrôle de routine bien opportun qui avait remarqué un paquet suspect.

Il devait y avoir eu une filature qui avait dû suivre ou peut-être que la fameuse Karin avait été télescopée au préalable.

Mais, la pelote de laine tomba. Le fil se défit. La police remonta à la source, à Amsterdam. 

Du centre de la pelote de fil au dernier échelon, ce n'était pas rendu public, non révélé par la presse.

Il ne fallait pas donner peur à la foule avec descriptions trop précises.

Toute l'organisation se révéla ainsi, moins invincible que prévu par elle.

Il lut un entrefilet à la 3ème page d'un quotidien.

"Jan Van Koel, le grand argentier, a été retrouvé pendu dans sa maison d'Amsterdam".

Dans le même temps, Luc reçu un message à son adresse email qui lui était destiné.

- Monsieur Orsini alias Éléphant Rose, (vous permettez que je continue à vous appeler ainsi)

Vous avez probablement suivi l'affaire par nos interventions et par la presse. Nous n'avons pas suivi vos déplacements, même si nous savons que vous n'êtes plus à Peille.

Notre entente cordiale a porté ses fruits. L'organisation mafieuse a complètement été dissoute. Elle partait d'Amsterdam et avait quelques membres. Le principal organisateur, initiateur du projet s'est donné la mort avant que nous ayons eu le temps de l'appréhender. La police d'Amsterdam a capturé les autres membres à leur domicile. Nous avons conclu un pacte avec la presse pour que l'affaire reste assez discrète. Votre "chère" Karin, malgré notre discrétion nous échappait dans toutes les souricières que nous lui avons tendues. Je vous le donne en mille.

Nous avons remarqué qu’il devait y avoir une taupe dans nos service. Nous avons surpris une communication qui nous en donnait la preuve. Une fois que nous avons eu la confirmation, suite à un coup de téléphone de notre agent ripoux, il a fallu très peu de temps pour la piéger. Comme elle faisait partie de l'organisation, nous l'avons coincé et obligé à remonter les fils. Vous connaissez la suite.

Nous vous devons un peu plus d'informations. Interpol était déjà sur le coup d'une affaire d'organisation spécialisée dans le crime organisé, le blanchiment d'argent et de financement d'opérations illégales. Le lien avec ce que vous connaissez, n'avait pas été fait. Il y avait le marché des armes et celui des dettes qui permettaient de vivre dans cette organisation sans soucis d'être inquiété. Par la maîtrise de la dette, l'organisation espérait, ainsi, un jour, la maîtrise totale du monde. L'activité liée à l'or n'était qu'une couverture. C'était plutôt d'armes et contre-armes dans un machiavélisme sans fin.

Pas de justice, de sentimentalités dans cet environnement. Ce système dépasse l'humain avec un idéal qui ne l'effleure même pas, dans une chaîne de responsabilités assumée à chaque échelon. Après le Ponzi de la finance, nous assistions ainsi au Ponzi de l'ambition. Et l'ambition n'a pas de patrie. Ses antennes sont disséminées dans le monde. Nous pensions que l'organisation était intéressée par l'intrusion dans la politique. Fausse route.         

Pour arriver à ses buts, elle n'avait pas besoin de James Bond, mais de pigeons comme vous. Les fictions se doivent d'être logiques. Les réalités, elles, sont plus sournoises, plus chaotiques.

Les meurtres de Paris ont été perpétrés par l'intermédiaire de poisons cyanhydriques.

Vous avez échappé belle. Karin se préparait à descendre sur Peille après l'échec de l'attentat chez les indignés de Paris.  

C'est par l'intermédiaire de l'ordinateur du chef de l'organisation que nous avons appris tout cela. Comme leur chef était assez conservateur, les réunions virtuelles étaient enregistrées.

L'organisation a été ainsi décapitée.

Si un jour vous décidez de changer de métier et de rentrer dans la police, nous serions heureux de vous compter parmi nous, en freelance, en "pigeon autorisé".

Sinon, nous espérons, Van Dorp et moi, tout le bonheur du monde pour investir dans une autre vie.

Nous espérons que cette affaire vous aura fait réfléchir.

Devilier"   

Luc reposa son PC. Il regarda par la fenêtre. Le soleil était toujours là.

Rentrer dans la police? Rien qu'à l'idée, il en souriait.

Faire réfléchir? Cela, pas de doute.

Le virtuel avait rattrapé le réel et l'avait dépassé.

Il allait reprendre l'affaire de son père. C'était décidé de commun accord. Son PC gisait dans un coin de la pièce. Son père n'était pas doué de ce côté. Ce sera sa contribution. Maria avait pris contact avec ses parents en Roumanie. Un voyage là-bas était planifié. Peut-être un voyage de noce.

Il semblait nager dans le bonheur comme il ne l'avait jamais ressenti.

Maria bougea dans le lit. Elle se réveillait doucement. Elle s'étirait.

Elle lui souriait comme d'habitude à son réveil.

Deux semaines après, quelque part, à New York...

Du haut de son appartement, au 20ème étage, donnant sur Central Park, un homme encore jeune se fâche devant son ordinateur.

Il crie sa rage et prépare sa revanche. C'est l'héritier. Pas l'héritier naturel. Il ne porte pas le nom de Van Koel. Il n'est que son fils adoptif, son fils spirituel.

Il a toujours été tenu à l'écart, tapi dans l'ombre, mais, il a été tenu au courant de toutes les affaires par son père spirituel. 

Ce qui doit arriver, arrivera, peut-être, un jour.

Mais cela, comme on dit dans ces cas-là.

C'est, déjà, une autre histoire. 

20:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

"C'est, déjà, une autre histoire"

J'espère qu'elle sera dans la veine de celle-ci.
Je vous suis, tapi dans un coin de l'écran, depuis le début de cette histoire et me demandais comment vous alliez vous en sortir.

Bonne continuation.

Pierre

Écrit par : Pierre | 21/10/2011

Conclusions d'un feuilleton

Le feuilleton pour l'été, écrivais-je pour l'annoncer, s'est achevé. Contrat rempli. Scénario qui a pourtant évolué pendant l'écriture.

De l'histoire, j'en connaissais le départ et la fin où je voulais arriver. Le script intermédiaire, je l'ai laissé se construire au fur et à mesure, avec seulement trois chapitres d'avance sur le lecteur.

Scénario initial: Thriller psychologique. Journaliste au chômage qui vit seul dans une ville perdue. Récupéré par une organisation mafieuse qui ne dit pas son nom. Grassement payé pour jouer le même jeu. Filature, attaque de site. Assassinats. Inculpation. A-t-il été doublé? Un amour impossible au bout du chemin?

Essai sans prétention sinon que de donner une écriture différente des blogs à destination de ceux qui y consacrent un peu de temps de lecture.
Aucune recherche n'a été nécessaire, seulement de l'imagination et aussi se raccrocher de notre actualité.

Comme un feuilleton à la télé, j'y ai ajouté un peu de suspense en ne publiant qu'un chapitre par semaine. Avec l'interactivité, apportée en plus, qui permettait de suivre la compréhension, la perception des lecteurs au travers des commentaires. Pas question de s'étendre sur trop de chapitres, dès lors. Rester dans les limites préfixées d'un été.

Deux fidèles ont suivi et commenté. D'autres ont lu seulement. D'autres encore m'ont dit qu'ils n'aimaient pas lire un roman sur écran ou préféraient de lire tout d'une traite. Deux arguments que je comprends parfaitement. Donc, il y avait un risque.

Je me suis amusé. Un peu stressé, parfois. Cette méthode ne permet pas trop de se tromper en cours de route. L'erreur de nom de mon héroïne, découverte par une lectrice roumaine, pouvait se rectifier par un pseudo, mais pas d'effacer l'erreur de nom donné en final.

Je remercie les lecteurs et commentateurs pour leur perception et pour leur lecture attentive.

La semaine prochaine, je réorganiserai les chapitres chronologiquement pour ceux qui veulent l'imprimer.

Écrit par : L'enfoiré | 21/10/2011

Oui c'est la fin. Toute bonne chose a une fin. Comme le bonheur. J'ose imaginer le bonheur de nos héros plus long que celui des aventuriers qui se convertissent à autre chose au cours de leur vie. Difficile de quitter un milieu qui lui ne veut pas nous quitter. Bravo mon ami. Vous êtes arrivé à terme. Mes salutations cordiales

Pierre R.

Écrit par : Pierre R. Chantelois | 23/10/2011

Chère Nina,
Ce qui est miraculeux dans ce cas-ci, c'est de résoudre les problèmes par personnes interposées.
Le combat du bien contre le mal, je l'ai souvent lu et vu.
La télé dernièrement reprenait le couvert avec "Anges ou Démons" de Dan Brown qui était mieux filmé que le "Da Vinci Code" mais qui laissait encore trop tomber d'aspects plus philosophiques qui se trouvaient dans le livre original.
Le cinéma peut plus facilement rendre le mouvement que l'intimisme.
Happy end, oui. Enfin, presque...
Puisque l'histoire est toujours un éternel recommencement.

Écrit par : L'enfoiré | 26/10/2011

Nina et Pierre,
Il y a eu un premier Opus "Le Grand maitre virtuel" qui lui terminait bien plus mal pour les interlocuteurs.
http://vanrinsk.hautetfort.com/
Également un voyage mais pas au même endroit.
Je me devais de faire varier les menus.

Écrit par : L'enfoiré | 26/10/2011

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