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22/06/2011

17-Retour aux sources

« La vie ne peut être comprise qu'en remontant à sa source première. Cette source est à jamais douce et sans fin. », Swâmi Râmdâs

0.jpgLuc avait perdu le souffle après cette rafale de mots et d'idées. N'y tenant plus, il arrêta pour attendre la réaction de Marika qui vint laconique.

-Nous partons. J'en ai assez de faire l'idiote. Trop longtemps que ça dure à exécuter leurs ordres.

C'était à elle de prendre les conclusions de sa décision. Elle le fit avec plus de souplesse, le plus de calme qui tranchait avec celle de Luc. La chronologie des événements qui suivraient, étaient déjà dans sa tête.

-Je n'ai aucun contrat avec la taverne. Je vais contacter Marcel ou lui écrire un billet pour l'avertir qu'il devra chercher une autre aide. Je dirai que je dois retourner voir ma mère malade en Roumanie. Pas besoin d'avertir qui que ce soit du côté de nos employeurs, par contre. Ils s'apercevront dès lundi prochain que mon rapport hebdomadaire n'arrivera plus jamais, du moins par mes soins. Je n'ai pas d'autre passeport que l'officiel, mais nous sommes en Europe. Ce ne sera pas utile de le présenter par le train. Alors, viva Italia. J'ai toujours rêvé d'aller à Venise.

Luc en déduisait qu'elle avait compris qu'il fallait déguerpir de Peille sans demander son reste.

Lui devait encore téléphoner à son père. Celui-ci allait être étonné qu'il reprenne contact. Il essaya de contrôler son stress en lui disant plus calmement.

- Si tu savais comme je suis content que tu prennes cette décision. Pas sûr que ce soit la bonne solution de couper les ponts et ta contribution avec nos employeurs. Comme je l'ai fait, envoyer le mot de passe aux flics ne serait pas une mauvais idée comme alternative. Mais on peut le faire en dernière minutes. Le mieux serait, actuellement, que l'on reprenne son calme, que l'on rassemble toutes nos affaires transportables. Il n'y a plus de train aujourd'hui. Donnons-nous rendez-vous demain matin? Je préviens mon copain. Il nous mènera à la gare de Nice. Le train pour Venise est à 10:25, demain, j'ai vérifié, nous pourrions atteindre Venise en moins de quatre heures par le train. Tu as raison, pas question de prendre l'avion. Trop de contrôles aux aéroports. "Andiamo a Venezia", comme on dit chez moi. J'ai oublié de te dire: je t'aime, aussi.

L'aventure continuerait mais, sous d'autres cieux. Pas nécessairement plus clémente, cette aventure mais, de toutes manières, moins dangereuse pour deux touristes comme eux.

-Au fait, Luc, tu connais mon pseudo "Marika". Ce n'est pas mon prénom. Mon vrai nom est Maria Slowska. Un jour, peut-être, je te présenterai à mes parents. Ils ne connaissent pas de Marika. Tu verras, ils sont sympathiques et ils t'adopteront immédiatement. Ils pensent encore que j'ai un petit magasin à Paris, comme je leur ai écrit, Ils pensent que tout marche bien pour moi. Il vont être surpris.

-Maria. J'aime aussi. C'est le prénom de ma mère.

Luc, pris d'une envie indicible, l'embrassa sur les lèvres. Elles étaient fraîches, douces. Le baiser dura dans un plaisir partagé. Il n'était plus question de travailler, mais de, seulement, se préparer et puis faire l'amour. Se retrouver une dernière fois à Peille, ensemble.

Le lendemain, comme prévu, le copain de Luc conduisit Maria et Luc à Nice. Ils arrivèrent avec un peu d'avance à la gare de Nice.

Dans le train qui les emmenèrent vers Venise, Luc tenta une connexion Internet. Le WiFi était installé et, comble de bonheur, la connexion avait un bon débit. Plonger dans les mails fut sa réaction automatique.

Le plus ancien mail, chronologiquement qui n'avait pas encore été lu, était celui de ses ex-employeurs auxquels il n'avait pas donné de préavis de cessation d'activités. Un dialogue en style de "tchat" commençait entre des inconnus qui s'ignorent et ne savent vraiment plus qui est à l'autre bout.

-Cher Monsieur, Nous avons constaté que vous avez soldé votre compte? Avez-vous l'idée de nous faire faux-bond? Bien à vous".

La réponse apparaissait, à peine une heure après, dans le courriel suivant.

-Pas du tout. J'ai eu une opportunité d'achat de l'appartement que j'occupe actuellement. J'avais besoin de dix pour-cents du prix de la vente pour le compromis de l'acte d'achat. J'aime Peille. Je comprends votre surprise. J'aurais dû vous prévenir. Je suis prêt à plus de charges pour compenser. Bien à vous".

Décidément, la police française avait pris son rôle d'intermédiaire en porte-paroles de Luc, très au sérieux. Cela lui donnait une impression d'une force personnelle indicible par personnes interposées. Bien répondu, se disait-il.

Luc referma son netbook. Il se lova sur l'épaule de Maria qui avait pris une avance sur le l'investissement en sommeil.

Si tout allait bien, ils allaient arriver à Venise vers 21 heures. Le train avait quelques arrêts en cours de route.

Il avait téléphoné à son père. Il y eut des larmes sur le fil en aller et retour. Tous deux étaient heureux des retrouvailles après une dispute qui avait creusé un fossé entre eux. Une nouvelle vie se présentait sous les meilleurs auspices.

Son père l'attendrait à la sortie de la gare comme il était prévu.

La gare de Santa Lucia de Venise apparu à l'heure dite.

Ils descendirent du train encombrés de quelques bagages, à peine plus importants que le touriste habituel qu passerait des vacances à Venise. Toujours, très encombrée les quais de la gare. 

Un homme, seul, était dans la gare dans la foule. Luc n'eut aucune peine à le reconnaître. Pas eu le temps de vieillir, Papa, pensait Luc.

Le père fut tous sourires pour les accueillir. Maria suivait à quelques pas.

- Papa, voici, Maria dont je t'ai parlé. Je voudrais que tu l’accueille comme moi.

- Luc, tu as un goût du tonnerre. Ne laisse jamais Maria avec moi seul. Tu sais, un Italien arrive à oublier son âge. Je serais capable de lui faire la cour, dit-il, avec un accent chantant et en riant de ses bonnes paroles en embrassant sa future bru.

-Que dirait Maman? A mon avis, elle ne serait pas d'accord, répondit Luc. 

Ils rirent tous ensemble.

Une voiture Fiat que Luc ne connaissait pas, les emmena.

-Tu as changé ta vieille Mercedès, Papa?

-Bien sûr, quand on vieillit, il faut se réveiller plus promptement au volant. La Mercédes avait bien 10 ans et pour ne pas m'endormir au volant, j'avais besoin de quelque chose de plus nerveux, de plus moderne.

Moins d'une heure après, ce fut l'arrivée dans la maison familiale dans l'arrière pays près de Trévise. Traverser ainsi la Vénétie et y trouver la région la plus riche d'Italie, ce n'était pas difficile à l'admettre. Des villas anciennes, de vieilles maisons familiales se présentaient derrière des grilles en fer forgé et gardaient un certain charme médiéval. Les éloges de Maria faisaient rougir de fierté, le père de Luc.

A l'arrivée, la Mama les accueillit. Elle avait gardé moins de mots français dans son vocabulaire pour exprimer sa joie. Mais a-t-on besoin de mots dans ces cas-là?

Le rez-de-chaussée de la maison était devenu un gîte pour touristes.  Ils habitaient au premier étage.

Une chambre de libre, au rez-de-chaussée, une occasion rêvée pour une lune de miel, se dit Luc, en secret.

20:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Cher Guy ,

Tiens , une surprise : Luc et Marika , apres avoir abandonne leurs missions ,
arrivent finalement a Venezia , sains et saufs et non pas en pieces detachees , chez
il babbo et la mamma de Luc , et avec l'espoir de pouvoir y vivre ensemble heureux jusqu'a la fin de leurs jours.

Une autre surprise est que Marika , "la roumaine" , avoue a Luc que son vrai nom est Maria SLOWSKA.
Mais SLOWSKA n'est pas un nom roumain. Il est probablement un nom slave ou polonais.

Mais attendons le denouement que tu nous l'annonce etre proche.

Bien amicalement
Nina

Écrit par : Nina Georgescu | 13/10/2011

Chère Nina,
Ah, Slowska, un nom que j'ai inventé de toute pièce.
Cela me paraissait bien slave.
Notre Europe n'est-elle pas un mélange de nom.
Tu devrais voir mon nom.
Il a une racine flamande. Je suis francophone.
Il a une traduction en français dont je n'ai pas cherché les racines.

Peut-être expliquerais-je les raisons dans mon prochain roman.
Je serais descendant d'un paysan qui avait un champ en jachère.
Amusant, non?

Écrit par : L'enfoiré | 13/10/2011

C'est trop beau pour être vrai. Deux tourtereaux que rien ne destinait à se rencontrer se retrouvent maintenant chez le père et la mère de l'un des protagonistes. Soupirs. Romantique à souhait... à moins que l'auteur n'en décide autrement.

Écrit par : Pierre R. Chantelois | 14/10/2011

En fait, c'est plus cynique qu'on le croit.
Je ne vous dis pas tout, mais je laisserai une porte ouverte.
Tout va se précipiter, c'est sûr.
Mais comme on sait un précipité laisse toujours un fond dans le bocal.
:-)

Écrit par : L'enfoiré | 14/10/2011

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