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20/07/2011

13-Plan de bataille

"Il n'y a pas d'enfants dans le cybermonde. Il n'y a que des copies.", Jean-Claude Dunyach dans "Stratégie du requin"

0.jpgIls allèrent tous les trois dans une autre pièce. Devilier pris le téléphone et fit le numéro spécial d'Interpol à Paris.

- Ici, Devilier, pourriez-vous me connecter avec le commissaire Van Dorp qui doit être encore dans nos locaux.

Tous se regardaient du coin de l’œil en attendant la réponse.

Cinq minutes, c'est long quand on attend. Enfin, la voix de Van Dorp arriva au bout du fil.

- Van Dorp, à l'appareil.

- Commissaire, nous sommes trois à l'autre bout. Nous avons pu mettre Luc Orsini sur le bon chemin. Il n'a pas trop à se reprocher. Nous avons pu constater qu'il n'est pas l'auteur des crimes qui nous préoccupent, seulement un acteur "malheureux", un pion sur un jeu d'échec dont il ne connaît pas les règles. Il est d'accord de travailler avec nous. Aussi, nous allons un peu accélérer le mouvement pour essayer de comprendre la stratégie de nos "anonymes". Comme la meilleure attaque, c'est de prendre l’initiative, nous devons établir un plan de bataille.

- Bonne nouvelle. Actuellement, c'est le calme plat, par ici. J'ai vu mon homologue à Paris. Aucune trace de notre damoiselle non plus. Calme plat aussi du côté des sociétés qui ont été touchés par les assassinats. Il y a eu quelques internautes qui en ont fait état sur leurs blogs. Des forums en ont été émus. Les blogueurs s'inquiétent de la politique éditoriale qui pourrait changer. Peur que l'on ferme leur passe-temps favoris.

- Ok. Je me doute de l'émoi que cela peut créer dans le milieu. Aussi, voici ce que je propose. Luc Orsini est à côté de moi, il donnera son idée et ses corrections si je vais trop loin. Il n'est pas encore au courant de ce que je propose de faire, donc je ne devrai pas le répéter. Il s'agit de prendre quelques risques, évidemment. Nous allons lui donner un smartphone avec lequel il pourra nous contacter. Il pourrait servir, grâce à la géolocation par GPS, nous saurons à tous moments, où il est. Nous ne serons jamais loin pour l'épauler si besoin. Il va nous communiquer des renseignements avec lesquelles il prend contact avec ses "généreux" mécènes.

Devilier fit une pause et attendit une réaction d'un des quatre acteurs de ce nouveau complot. Mais aucune contestation ne vint et Devilier poursuivit.

- Comme je disais, il faut pousser sur le champignon. Luc va, avec notre aide, puiser dans la caisse. Il prendra contact, au besoin, avec ses employeurs pour dire qu'il a besoin de plus d'argent et donc qu'il serait prêt de commencer d'autres actions plus ciblées, plus risquées et plus efficaces s'ils le veulent. Il va réessayer une entrevue avec la mystérieuse blonde qui doit avoir un lien avec l'affaire car elle a, très certainement, été à l'origine supposée des ... éliminations.  

Personne n'aurait eu le toupet de lui faire remarquer son changement d'attitude, devenue amicale par miracle envers Luc. Il avait déjà un plan d'attaque pour provoquer les réactions. Il se tourna vers Luc.

- Je crois que cela ne vous dérangerait pas de tester les limites du compte que l'on vous a généreusement gratifié. Fini les petits retraits. Faites des retraits successifs. Il doit bien y avoir un plafond. Avec le numéro de la carte de crédit qu'ils vous ont donné, nous allons essayer de suivre les transactions avec l'aide des banques. Cela peut amener à quelque chose de plus précis. Ah, oui, j'oubliais, donnez-nous aussi les adresses emails qui ont servi pour vous contacter. La vôtre peut nous servir pour simuler votre présence dans une période d'absence toujours possible. N'ayez crainte, nous travaillons de concert. Pas d'entourloupe de notre part. Vous pourrez toujours vérifier le suivi. Nous ne changerons pas le mot de passe.

- Combien d'argent dois-je retirer avec la carte de crédit?

- Comme je vous l'ai dit, allez jusqu'à la limite acceptable au départ. Bonne indication pour connaître leurs possibilités financières de leur organisation. Nous allons vous accompagner à un distributeur pendant la période des retraits d'argent. Pas question que vous vous fassiez voler. Ce serait trop bête, fit-il avec un sourire dans la voix.

- Croyez-vous que cela soit limité? Que vais-je faire avec cet argent? répondit Luc, un peu surpris de cette attitude assez peu policière.

- Ne vous en faites pas, il doit certainement y en avoir une de limite. Ce que vous allez en faire? Libre à vous, ce sera une avance pour les charges futures.

Cette fois, il rit franchement et continua.

- Avant cela, nous allons composer un email très court pour appâter votre égérie de Paris. Elle ne me semble pas une lumière du côté d'Internet. La Nikita est certainement attirée par l'odeur de l'argent. Elle va devoir se manifester ou alors, je veux bien mettre ma main au feu.

Ils s'installèrent devant un écran d'ordinateur. Luc se mit en face et s'identifia après quelques frappes rapides sous l'oeil intéressé de ses "nouveaux collègues".

- Que voulez-vous que je lui envoie comme message? 

- Voyons, écrivez ceci: "Chère Karin, Ce n'est plus une possibilité, c'est dans votre propre intérêt. Voulez-vous me téléphoner à ce numéro +33.45469666. L.

Luc supposait ainsi le numéro de son smartphone. 

- Cette Karin n'a jamais entendu votre voix, Luc? Même si elle connaît très probablement votre tête.

- Non, je n'ai jamais fait que lui écrire les quelques mots que je vous ai donnés.

- Parfait. J'ai noté l'adresse et le mot de passe de votre email. C'est le numéro de téléphone que j'ai à la taille. C'est moi qui répondrai. J'ai assez d'expérience avec ce genre de relation. Vous ne serez par inquiété et en plus, je la maintiendrai suffisamment de temps à l'appareil pour que l'on puisse la localiser. J'enverrai ce message après que nous vous aurons ramené chez vous. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas utiliser votre adresse pour d'autres messages. Faites le mort avec eux et restez vivant avec nous. Et si on allait au distributeur de monnaie? Là, aussi, je suis curieux de savoir s'ils vont aimer ce retrait "drastique" de leur compte. A partir de maintenant, vous allez devenir plus riche par obligation et avec notre bénédiction. Je vous envie, Luc. 

Ils rirent pour effacer le stress rémanent. Devilier avait décidément le sens de l'humour à faire plomber les zygomatiques de tous les interlocuteurs de l'affaire.

Ils sortirent et allèrent à la rencontre de la banque la plus proche.

Le distributeur était à l'intérieur par mesure de sécurité. La carte dans la fente. Le code secret. Le choix de 5000 euros pour commencer et les billets sortir de l'autre fente sans inconvénient.

Luc recommença l'opération par deux fois. Et Crésus continuait à cracher.

A la troisième tentative, un message dit qu'il ne pouvait délivrer 5000 euros. La limite de 20000 avait été dépassée. Rapide calcul, lundi dernier, avait pompé 2500. Encore 2500 et le jack-pot était vide.

Devilier intervint.

- Je suppose que vous êtes satisfait. Je crois qu'on peut arrêter là. Sinon, vous allez faire sauter la banque. 

Van Zeeland avait suivi derrière eux avec un intérêt certain. "Sauter la banque", les mots de circonstance mais pas dans les paroles d'un policier.

Luc empocha la liasse de billets et retira sa carte de crédit de la fente.

Il était temps de ramener Luc chez lui. Remonter à Peille. Luc n'avait jamais imaginé, deux jours plus tôt, pouvoir revenir chez lui avec une escorte, les remerciements du jury et les poches pleines. 

Le plan dans sa globalité semblait efficace à Luc. Il était content de faire partie d'une équipe comme dans son passé au journal. 

Une heure plus tard, ils se quittèrent à proximité de son appartement, Devilier lança:

- On vous laisse ici. Ne vous inquiétez pas pour le reste. Nous prenons l'affaire en main. Au sujet des emails que j'enverrai, je vous mettrai toujours en copie cachée. Faites le mort, comme j'ai dit. Gardez le smartphone que je vous ai donné, allumé. Ce sera votre contact avec nous. Il nous permettra aussi de vous localiser avec les options que nous y avons installé. En cas de problème, composez le numéro de secours et nous arrivons dans les plus brefs délais. 

Le passé n'avait pas été meurtrier pour Luc. Son futur pourrait le rester s'il faisait le mort.

Tout est affaire de simulation, quoi...

20:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Un tel retrait ne passera pas inaperçu dans l'autre camp. La question est de savoir si ces nouveaux retraits, contraires aux habitudes de Luc, ne vont pas éveiller des soupçons chez le nouvel ennemi qui hier était l'allié. Arroseur arrosé. Arrosé arroseur. Un chapitre qui se précise. Une situation qui se corse.

Écrit par : Pierre R. Chantelois | 17/09/2011

Cher Guy ,
Je constate que dans ce chapitre vous " poussez sur le champignon ".
Après la mise de Luc sur le bon chemin , dans le sens qu'il a été finalement d'accord de travailler avec la police , je suis curieuse de voir si le plan de bataille de Duvalier donnera les résultats attendus. Vous avez vu , votre ami Pierre estime qu'il y a aussi des risques.
Mais attendons le chapitre suivant.
Bonne soirée ,
Nina

Écrit par : Nina Georgescu | 17/09/2011

Je ne peux rien vous dire, sans dévoiler la suite, même si j'ai envie.
:-)

Écrit par : L'enfoiré | 17/09/2011

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