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31/08/2011

07-Voyage d'espionite

"J'ai abandonné la pêche le jour où je me suis aperçu qu'en les attrapant, les poissons ne frétillaient pas de joie.", Louis de Funès

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Luc se rappelait des événements de Bruxelles. Il avait suivi l'affaire par les journaux. Comme toujours, quelques jours de suivis intensifs, puis la presse avait perdu pied dans la poursuite de l’affaire. La police ne faisait pas écho de ses avancées ou de ses reculs.

Pour sa nouvelle affaire à Paris, il avait entrepris de prendre contact avec les noms de managers qui se trouvaient sur la liste de ses patrons. Tous travaillaient dans le sites de blogs et de forums. Les rendez-vous avaient été pris pour meubler deux jours. Cela avait marché plutôt bien. Un peu de pub ne leur faisait pas de mal.

Sous le prétexte de la construction d'un dossier sur les blogs et les forums français, il avait téléphoné pour prendre rendez-vous avec ceux qui le voulaient. Deux tiers d'entre eux avaient accepté.

Il planifiait de commencer ses interviews dès jeudi suivant. Il avait fallu ensuite organiser son voyage. Hôtel, repérages, moyens de locomotion...

Dans l'avion vers Paris, Luc eut le temps de rassembler encore une fois la documentation sur les sociétés qu'il était chargé d'espionner. Il avait quelques unes de planifiées dans son périple à Paris. En sortant de l'aéroport, il prit possession de la moto légère qu'il avait loué.

Cela lui faisait plaisir de retrouver Paris après de nombreuses années. Il n'était pas un grand amateur de grande ville, mais Paris lui avait laissé quelques bons souvenirs de virées entre copains.

Toujours avec sa fausse carte de presse, il avait préparé un scénario d'interviews.

Cette fois, il était habillé avec un goût très fin. Un costume bien ajusté et une cravate qui lui serrait le cou. Il aurait aimer faire sauter tout cela. Il en avait perdu l'habitude. Mais il devait s'y habituer, s'exercer pour ne pas avoir cette envie en présence de ses hôtes.

Il se sentait comme un agent trouble en service commandé. Contre-espion plutôt qu'espion. Un James Bond envoyé par aucune majesté, mais par une délégation anonyme et avec un prête-nom de journaliste. Il espérait, dans le fond, de ne pas être la marionnette d'une force dont il ne connaissait ni les projets ni les noms. Mais, il n'en était plus là à s'inquiéter sur ce genre de réflexion. Il se sentait fort. Sa drogue était l'argent et il y avait pris goût. La théorie du complot n'était qu'un vague souvenir.

Installation à l’hôtel en pétaradant sur sa mobylette. Demain, il commencerait ses enquêtes.

Le lendemain, la première adresse repérée, les bouchons de la ville, tout était là et correspondait à ses souvenirs... Pas de volonté de faire du tourisme, il avait bien connu Paris.

Arrivé à la réception de la première société, une secrétaire réceptionniste lisait, le front relevé, les demi-lunettes sur le nez, le regard rivé sur l'écran de son PC haut placé. Visiblement, son job était plus important que seulement celui de réceptionniste. Elle devait avoir un rôle de modératrice. Elle cumulait les fonctions. Probablement médiatrice des articles qu'elle avait à valider. Luc lança un coup d’œil sur l'écran et reconnaissait le genre d'article qu'il avait l'habitude de lire. Les fonctions se multiplient dans une institution telle que celle-ci, constata Luc. Un "travail diversifié" devait être l'argument lors de l'engagement au poste de réceptionnise.

Luc sentait dès l'abord qu'il ne devait pas être le bienvenu. Il était le gêneur type. Celui qui mettait en pause la lecture d'un article que la réceptonniste avait commencé et qu'elle devait juger.

La dame avait du mal à cacher son âge. Teinte en blond pour faire illusion, mais des mains qui en disaient long sur leurs parcours sinueux et surchargé de sa vie. On devait l'avoir engagé parce que demandeuse d'emploi, elle avait accepté les vicissitudes d'un travail à multiples facettes.

Un œil noir le questionna du but de la visite du « gêneur ». Luc fut aussi bref en réponse que la question.

-Pourriez-vous me mettre en contact avec Monsieur Destrée, j'ai rendez-vous avec lui. Je fais partie du journal « L'info quotidienne ».

Bien sûr, se dit Luc. Réponse classique. C'est fou ce que cela classe un homme, une réunion.

Luc regardait ostensiblement son papier pour épeler le nom au besoin.

-Monsieur Destrée était en réunion ce matin. Je vais voir s'il a terminé et s'il peut vous recevoir.

-Monsieur Destrée, un journaliste du « L'info quotidienne » vous attend à la réception, dit elle après avoir composé un numéro sur son téléphone intérieur.

Luc ne put entendre ce que l'interlocuteur répondait mais vu le sourire de la réceptionniste, il savait qu'il avait gagné son interview.

Cinq minutes d'attente. Courte, donc, intéressée.

Le « monsieur Destrée » apparu le sourire affable aux lèvres et la main tendue. Luc allait devoir jouer dans la douceur. Une petite salle annexe pour parler et il commença.

-Comme je vous avais dit, je suis chargé par mon journal de faire une enquête sur les sites citoyens pour analyser leur mode de fonctionnement, le type de leur gestion, avoir une idées des équipes qui font partie de votre staff. C'est aussi pour avoir une idée si votre activité est rentable et par quels genres d'artifices.

-Ne croyez pas que nous disposons d'énormes moyens et certainement pas ceux dont disposent les médias officiels au départ. D'ailleurs, eux, aussi, doivent jouer dans la modestie. Mais eux, les agences de presses et des équipes dispersées dans le monde comme correspondants de presse. Nous travaillons avec une petite équipe qui au mieux, étaient d'anciens journalistes. Du bénévolat de nos rédacteurs et de leurs articles qui parfois, valent bien les meilleurs billets officiels.

-D'anciens journalistes ? Voulez-vous dire que qu'ils ne le sont plus parce qu'ils sont retraités ou qu'ils sont au chômage dans leur environnement immédiat ?

Cette question amusait Luc, au plus haut, puisqu'il en faisait partie.

-Un peu de tout cela. Vous avez pu remarquer que chacun y met du sien dans la collecte des articles qui iront à la parution le lendemain. Nous ne pouvons pas débaucher des journalistes de la presse officielle. On ne nous le pardonnerait pas. Vous n'êtes pas sans savoir l'opposition vive à notre existence qu'ils nous font. La concurrence est rude dans le métier de l'information.

Luc eut difficile de retenir un sourire.

- Je n'en doute pas. Je suppose que vous dépendez aussi des rentrées de la publicité et de l'intérêt que vos clients commerciaux trouveront dans les articles ? Vous devez rémunérer vos employés même s'ils ne sont pas nombreux. Mais que ne vous risquez pas à en faire de même avec vos rédacteurs bénévoles.

-Absolument, pour la première question et absolument pas, pour la seconde. Les publicitaires se bousculent un peu moins au portillon en temps de crise comme nous avons connu. Les budgets «publicité» ont été rabotés dans beaucoup de sociétés. Alors, nous devons faire à de généreux donateurs, à nos rédacteurs bénévoles à qui on doit rendre une confiance, disons,... mesurée.

-N'avez-vous jamais eu l'envie de fusionner avec d'autres forums citoyens pour diminuer les frais de fonctionnements généraux?

-Pas encore de démarches dans ce sens, même si nous y avons pensé. L'indépendance est toujours une valeur auquel on ne cherche pas à se soustraire. Mais si la situation devient structurelle, il faudra bien y passer. Nous avons pensé à fonder une fondation, mais l'inscription au rôle est très chère. Nous cherchons la meilleure solution.

Luc continua à cuisiner son interlocuteur pendant une bonne demi-heure. Celui-ci, pris de volonté de montrer le prestige de sa société, ne se rendait pas compte qu'il donnait un peu trop de renseignements au sujet de la stratégie. A la fin, il prétexta un autre meeting pour y mettre fin, mais visiblement, il avait vider un sac qui aurait dû rester plus rempli même quand la pub donne des ailes.

Avant de lui signifier son congé, il demanda à Luc de lui faire parvenir l'article avant de le publier.

Luc n'eut aucune peine à le rassurer, puisqu'il ne le serait jamais officiellement. Du moins, sous cette forme.

Il avait pris des notes pour se rappeler de ce qu'il allait introduire dans son rapport, mais pas pour publier quoi que ce soit dans le format question-réponse. Encore heureux que personne ne s'était inquiété de savoir si « L'Info quotidienne » avait bien envoyé un journaliste chez eux.

Pour le reste de la journée, il se réservait trois autres sociétés à visiter.

Pour la première, ce ne fut qu'une confirmation de la première. Les questions étaient répondues avec moins d'assurance et l'entretien se termina plus rapidement.

La seconde insistait plus sur la volonté de rester indépendante jusqu'à la mort, si besoin.

Il y aurait des kamikazes jusque dans les forums, pensa Luc avec un sourire en coin.

Ce fut la dernière société qui apporta la surprise.

Dès l'arrivée à la réception, on l'informa qu'une journaliste était venue avant lui, dans le même but et qu'il n'était pas question de recommencer l'interview. L'interview était la même mais pas le journal qui avait envoyé cette journaliste.

Il fut rejeté hors des murs de la société, sans les formes. Il en resta, muet et en mal de ressorts.

Qui avait eu la même idée d'interview? Pourquoi maintenant? La coïncidence était-elle plausible?

Dépité, il revint à l'hôtel. La journée avait été longue. Un souper frugal. Il ne mis pas longtemps à s'en retourner dans sa chambre, blessé.

Il ne pris même pas la peine de se coucher. Il s'endormit la tête lourde sur le petit secrétaire à côté de son netbook.

Il entendit une voix dans le fond de sa mémoire. Une voix qui hurlait:

-Non, laissez-moi. Pas d'interview SVP. C'est un véritable harcèlement.

Tout se mélangeait dans sa tête. La Matahari de son premier rêve à Bruxelles, le hantait à nouveau. En long ciré noir, elle courrait vers la sortie d'un immeuble juste devant lui, un sourire narquois sur les lèvres. Elle le narguait en jetant des œillades à chaque fois qu'elle se retournait.
Luc courrait derrière elle sans jamais la rattraper. Il perdait haleine. C'est alors que le sol se déroba sous ses pieds dans sa course. Il tomba dans un trou profond et se réveilla en sursaut, complètement en sueur. Il n'avait pas retrouvé la forme.

Le réveil n'avait pas encore sonné. Le soleil entrait déjà au travers des rideaux. Suffisamment réveillé, il ne pensa plus aller se recoucher dans le lit.

Il se redressa et trouva le déjeuner qu'il avait demandé devant la porte. Il remit le rapport de la veille en forme avec les notes personnelles.

Une fois, prêt, relu plusieurs fois, il pressa la touche d'envoi et son rapport partit par la voie du mail vers ses employeurs.

Complet il l'était, ce rapport. Le seul événement dont il ne parla pas, ce fut le raté de la dernière interview quand on lui avait volé la fonction devant son nez. Cela l'avait trop vexé.

Luc ignorait ce que ses employeurs allaient en faire. Ce n'était plus son problème et il essaya de se convaincre qu'il n'était pas responsable de ses informations et pas coupable de malversations dans son job. Il y avait matière à saper le moral de ces forums qui vivaient sur une corde raide.

Il se pressa à ne plus penser à la psychologie et oublia jusqu'à la troublante concurrence de cette journaliste qui lui avait donné du fil à retordre dans son rêve de la nuit.

Entre temps, faire un peu de ménage et ses occupations habituelles, fureter sur Internet, quelques journaux acheté au kiosque à journaux.

Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir un entrefilet dans un journal du matin parisien, à la lecture du titre « Mort suspecte dans la société Redavox ».

Redavox était la société qui l'avait rejeté la veille pour raison de duplicata, de redondance d'interview avec l'autre journaliste. Il se jeta, éperdu, dans la lecture de l'article. Une nouvelle coïncidence?

Le patron de la société avait trouvé la mort dans des circonstances, non encore élucidées. Mort naturelle ou provoquée? La police était sur place et cherchait les indices de cette mort qui n'avait pas encore trouvé de raisons au vu des révélations des employés et de l'épouse du mort. La victime était un homme d'une cinquantaine d'années que l'on avait retrouvé affalé dans une salle de réunion de la société. Pas de traces de blessures. Rien d'apparent. AVC ou autre chose? Son épouse avait raconté à la police, qu'il était en bonne santé et ne souffrait d'aucune affection. Suspect, donc, pour le moins. Le médecin légiste, précisait-on, devait apporter la raison de cette mort. 

Mais, l'article qui relatait l’événement, restait plus sur l'idée d'une mort fulgurante et suspecte, plutôt que sur un point d'interrogation.

Pour Luc, et suivre son approche analytique de journaliste dans les cas du genre, l'affaire prenait une tournure particulière. Cela faisait la deuxième mort suspecte dans ses propres parages, sur ses propres plates bandes.

La manchette de l'histoire n'avait pas pris beaucoup de place sur la page, mais nous n'étions qu'au début de l'affaire. Les journaux à sensations allaient pouvoir décortiquer l'histoire de manière plus sulfureuse.

Et si Luc lançait une piste en lançant une extrapolation, une histoire entre vrai et faux ?

Il n'y a jamais de fumée sans feu, se disait-il.

La journaliste qui l'avait précédé à peine une demi-heure avant, n'était-elle pas la cause de cette mort suspecte?

Luc ébaucha en mémoire une histoire plausible complète. Assassinat commandité par la mafia. On soupçonnait une dame d'être à l'origine de la mort. La Matahari de son rêve revenait sur le terrain du réel. Cela ferait un beau papier. Il en était sûr.

Lui même ne pouvait être suspecté. Il avait donné un faux nom, avec la référence d'un journal qui existait mais n'avait évidemment pas demandé d'enquête. Un nouveau hoax qui remonterait les bretelles d'un fait divers enrobé de suspenses. Que pouvait espérer le peuple de plus?

Il mit, à peine, un quart d'heure pour l'écrire sur Internet. Vite fait, bien fait.

Dans l'article, il imagina la fable dans laquelle une dame avait introduit du poison dans le gobelet du patron de Rédavox.

Sorte de revanche pour avoir court-circuité son dernier interview et s'être vu renvoyé comme un mal propre. 

Pas question de reprendre ses interviews. Pas question de se décommander. Il n'était pas seul à avoir lu les informations. Après, on avisera.

Le reste de la journée, il décida de s'octroyer un peu de congé et à faire ce qu'il n'avait plus fait depuis longtemps : du tourisme parisien, du shopping.

Le soir, retour au bercail.

Deux surprises attendaient. Deux courriels attendaient Luc.

Le premier était court, laconique. Une menace à peine voilée.

-Monsieur, Pourriez-vous vous mêler de vos affaires. Karin.

Le second tout aussi étonnant à peine plus long, venant de ses employeurs.

-Monsieur, Nous avons pris connaissance de votre rapport de Paris.

Excellent. Efficace et circonstancié.

Nous avons aussi lu ce que vous avez écrit sur Internet et là, nous éprouvons une certaine gêne.

Pourriez-vous, à l'avenir, nous prévenir des réflexions que vous avez l'intention d'envoyer sur Internet ? Divulguer certaines choses peut nous être contre-productif.

Offrez-vous quelques jours de relâche, de bon temps, à Paris, cela, à nos frais, bien entendu.

Nous reviendrons ensuite avec d'autres projets et objectifs. Veuillez.... »

A la lecture de ces deux mails, Luc se rendait compte que son histoire construite avec l'aide de son rêve, avait dû gêner quelques personnes.

Cette mystérieuse « Karin » était-elle vraiment l'auteur du forfait?

Elle ne mettait pas de gants. La hargne se sentait dans ses propos.

Luc réfléchissait vite.

Pourquoi, cette brusque volte face de ses employeurs ? Il n'était plus libre d'écrire ce qu'il voulait sur Internet. La carte blanche avait jauni? Cela n'était pas fait pour lui plaire. Il était d'accord d'orienter certains de ses écrits mais de là à lui imposer sa ligne de conduite...

Demander des explications à ses employeurs? Cela pourrait être considéré comme un rébellion et donc, tuer la poule aux œufs d'or. S'il doutait qu'ils étaient impliqués, ce n'était pas sûr.

Et s'il y avait un lien entre cette « Karin » et l'organisation qui le payait lui-même?

Cette idée se coinça dans sa tête. Il relut les quelques lignes : « une certaine gêne ». Tout était dans ces mots.

Une journée de relâche, il venait d'en prendre. Le lendemain, il se le réservait sur la recherche de qui pouvait être cette « Karin ». Lui répondre d'abord. Aussi brièvement, pour marquer le coup. Un accusé de réception.

Peut-être, était-elle également engagée par l'organisation. Peut-être avait-elle été chargée à effectuer le travail d'élimination comme une tueuse à gage.

Retour sur son PC pour se rendre compte s'il y avait eu des commentaires à son message du matin et qui aurait révélé plus de suites.

Rien ou presque. Personne n'avait eu l'habitude de le suivre à la trace sur Internet sous son nouveau pseudonyme. "Libellule bleue", cela sonnait bien, pourtant.

A midi, pas de nouvelles officielles en complément d'enquête depuis le matin.

Luc abandonna l'espoir de remonter la trace si ce n'est par l'intermédiaire du logiciel dont il avait appris l'existence pendant son cours du week-end.

Pourquoi ne pas envoyer une invitation à cette « Karin » ?

Il passa la soirée à ruminer son action.

Puis se décida à jouer par le bluff et répondit à son interlocutrice offusquée ;

-Chère collègue Karin,

Me mêler de ce qui me regarde, c'est exactement ce que je fais.

Ne m'avez-vous pas volé un client ?

Ne ferions-nous pas mieux d'unir nos forces ?

N'avons-nous pas le même patron ?

L. ».

La réponse ne fut pas immédiate. Elle arriva tard dans la soirée.

-Du même patron ? Que vous fait penser cela ? K.

Luc, entre temps, à l'aide de son logiciel «SearchIP » avait essayé de la localiser avec son IP adresse.

Le programme avait buté contre les pare-feux du réseau et il avait dû renoncer.

Il alla se coucher. La nuit porterait, normalement, conseil.

20:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

De plus en plus captivant. Je sens que l'auteur nous distille quelques indices pour nous permettre de baliser le récit. Si arnaque il y a, il faudra voir dans quel camp elle se trouve. Trop tôt. Vraiment trop tôt.

Écrit par : Pierre R. Chantelois | 04/08/2011

Vraiment trop tôt, en effet. :-)

Écrit par : L'enfoiré | 04/08/2011

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